Les actions agricoles du syndicat

Depuis 2007, le syndicat du bassin versant du Né (SBVNé) s’est engagé dans la gestion intégrée, afin d’améliorer l’état de l’eau sur son territoire. Les actions agricoles sont un volet important de cet engagement : les agriculteurs sont en effet les premiers usagers des pesticides et nitrates retrouvés dans l’eau du bassin versant, mais aussi les acteurs les plus importants des aménagements qui peuvent permettre d’éviter le transfert de ces produits dans l’eau.

Le bassin versant du Né présente deux principales zones : l’une est viticole, il s’agit de la Grande Champagne ; le reste du bassin est occupé par des grandes cultures (céréales et tournesol principalement). Il y a peu d’élevage bovin dans le bassin. Ceux-ci exploitent notamment les prairies de fond de vallée.

En 2015, le SBVNé a signé avec l’agence de l’eau un contrat de bassin versant qui lui a permis de mener de nombreuses actions auprès des acteurs du monde agricole pendant trois ans. Avec les coopératives, les négoces et les autres organisations agricoles, le SBVNé coordonne les actions menées, qui prennent des formes variées :

  • Réunions de bout de champs ou de bout de rang permettant aux agriculteurs de discuter de leurs pratiques entre eux et avec leurs techniciens.
  • Journées techniques permettant de découvrir de nouveaux matériels ou pratiques.
  • Accompagnement individuel des agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques.
  • Création d’un Programme Agro-Environnemental et Climatique (PAEC) permettant aux agriculteurs d’accéder à des subventions spécifiques.

La poursuite des actions dans le cadre du programme Re-Sources

Le contrat de bassin versant s’est terminé en 2017, mais les actions ont continué grâce au programme Re-Sources du bassin d’alimentation de captage Coulonge – St Hippolyte. Ce programme, porté par l’EPTB Charente (établissement public territorial de bassin), recouvre un territoire qui se superpose en partie avec celui du SBVNé. Ainsi les partenaires agricoles sont restés impliqués dans la protection de l’eau et des rivières du bassin du Né. Les actions sont rediscutées chaque année pour s’adapter au mieux aux enjeux mais également pour correspondre aux intérêts des différents acteurs, avec au premier rang les agriculteurs.

En viticulture, les actions s’articulent autour de plusieurs axes :

  • Couvrir l’inter-rang, notamment en herbe mais aussi par d’autres plantes ou mélanges de plantes, comme la féverole, pour améliorer la fertilité du sol et diminuer les transferts de matières polluantes ;
  • Les luttes alternatives contre les ravageurs, par exemple grâce à des pièges à phéromones ;
  • La mise aux normes des exploitations avec des aires de lavage du matériel de traitement, comme à Chérac où l’UASC en a crée une collective ;
  • La certification environnementale HVE Cognac (Haute Valeur Environnementale) mise en place par le BNIC (Bureau National Interprofessionnel du Cognac) pour valoriser les exploitations se tournant vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement ;
  • L’amélioration de l’usage des pesticides notamment grâce à un matériel plus intéressant (panneaux récupérateurs qui évitent la dérive des pesticides par exemple).

Pour les grandes cultures, les problèmes sont différents :

  • La plantation de haies ou l’installation de bandes enherbées autour des champs permet de limiter l’érosion des versants et de ralentir le transfert des matières polluantes dans les cours d’eau ;
  • Éviter d’avoir des sols nus est possible grâce à la mise en place d’intercultures entre deux cultures annuelles, ce qui évite aussi les transferts des nitrates et des pesticides et l’érosion en cas de fortes précipitations ;
  • La MAB (Maison de l’Agriculture Biologique) anime également un groupe de travail d’agriculteurs bio, qui favorisent la biodiversité, évitent les pesticides de synthèses et utilisent des engrais organiques qui sont plus stables et donc moins lessivés dans les cours d’eau.

Les éleveurs ont aussi un rôle important dans la gestion des milieux aquatiques :

  • Maintenir les prairies permanentes, qui sont des lieux importants pour la biodiversité. Les MAEC (mesures agro-environnementales et climatiques) mises en place dans la vallée du Né, classée Natura2000, permettent de valoriser ce maintien mais aussi les nouvelles prairies qui ne sont pas labourées pendant au moins cinq ans.
  • Mettre en place des points d’abreuvement est important pour éviter que les bovins n’endommagent les berges des rivières qui coulent à côté des prairies.